La question que l'on nous pose chaque printemps est toujours la même : « à quelle date faut-il ouvrir la piscine ? ». La bonne réponse ne se lit pas sur un calendrier, mais sur un thermomètre. Tant que l'eau reste sous 12 à 15 °C, les algues sont en dormance : elles sont présentes, mais elles ne se multiplient pas. Le bassin peut être trouble, la couverture chargée de feuilles, le fond couvert de dépôts — rien de tout cela n'est encore un problème biologique.
Dès que l'eau franchit durablement ce seuil, la situation change complètement. La photosynthèse redémarre, les algues se développent en quelques jours et l'installation, encore à l'arrêt, ne peut rien y opposer : pas de désinfectant actif, pas de brassage, pas de filtration. Une remise en route qui aurait pris une demi-journée en mars devient alors un rattrapage complet en avril ou en mai, avec traitement choc, aspirations répétées à l'égout et plusieurs jours d'attente avant la première baignade.
Dans notre région, cette bascule intervient tôt. Les journées ensoleillées de fin février suffisent à réchauffer un bassin peu profond, surtout s'il est exposé plein sud ou couvert d'une bâche à bulles qui joue le rôle de capteur solaire. C'est pourquoi nous planifions nos remises en service dès le début du mois de mars et jusqu'en mai, en commençant par les piscines les plus exposées.
Ouvrir tôt présente un autre avantage, souvent sous-estimé : c'est le seul moment de l'année où l'on peut inspecter l'installation sans urgence. Une pompe fatiguée, un joint de couvercle durci, un sable agglomérat ou une petite fuite se traitent calmement en mars. Découverts en juillet, ils immobilisent le bassin en pleine période d'utilisation, avec des délais d'approvisionnement plus longs.